The black Shit

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Lawler

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Artistes de formation, Yoon Ja & Paul Devautour rassemblent depuis 1985 une collection d’art contemporain des plus radicales. Ils présentent à Paris leurs récentes acquisitions.

On trouve de drôles de choses dans la collection Yoon Ja & Paul Devautour. Et d’abord des noms étranges qu’on ne s’attendait pas à rencontrer dans des salles d’exposition : David Vincent, Martin Tupper, homonyme du héros de la série Dream on, ou encore Claude Lantier, qui fit jadis une apparition suicidaire et remarquée dans L’oeuvre de Zola. Mais également Gladys Clover, qui se contente d’écrire son joli nom de toutes les manières possibles (toiles, films, néons), ou Nancy Crater, une artiste dont on ne connaît aucune oeuvre, dont tout le travail consiste précisément à ne rien produire, et qui n’existe que par ce qu’on veut bien en dire. Intarissables à son sujet, les Devautour ont d’ailleurs réalisé une vidéo où l’on voit divers critiques (Nicolas Bourriaud, Olivier Zahm, Franck Perrin…) parler abondamment de Nancy Crater. Nouveau venu dans la collection Devautour, Dr Brady pratique quant à lui l’Ascii Art, un langage informatique à partir duquel il réalise des dessins.

Parmi d’autres noms et d’autres oeuvres, citons également le cercle Ramo Nash, groupe artistique fluctuant fondé à Nice en 1987 et dont les interventions sont souvent très remarquées : à l’expo Transit, ils montraient un portrait géant de Guy Debord, assez semblable à celui de Pompidou qui trône à Beaubourg ! Et dans la galerie Chantal Crousel où Yoon Ja & Paul Devautour présentent une nouvelle exposition de leurs artistes préférés, ils ont installé une immense boîte noire reliée par des fils aux ordinateurs du sous-sol : objet mystérieux, inquiétant et compact, à la fois supra-ordinateur, coffre-fort géant et bête noire des compagnies aériennes, la Black box du cercle Ramo Nash est une image nouvelle de l’artiste contemporain, quelque part entre Daft Punk et Fantomas : un être sans visage où se trament des opérations multiples et qui parasite les espaces culturels les plus variés.

“Dans les années 80, le collectionneur s’est imposé comme une figure toute-puissante, capable de faire des choix, de peser sur le marché et sur les artistes, d’orienter la totalité du système artistique. Il nous a semblé donc plus intéressant, et plus efficace, de réunir des oeuvres plutôt que d’en produire” : pour constituer cette collection ultra-contemporaine, la Coréenne Yoon Ja Choi et Paul Devautour disent donc avoir abandonné toute pratique artistique personnelle depuis 1985. Se définissant comme des “opérateurs en art”, ils se consacrent uniquement à la gestion et à la promotion de leurs artistes. Inutile de le cacher plus longtemps : ce sont eux qui produisent toutes les oeuvres présentes dans la collection. Photographies de Manuel Ismora, installations de Richard Kongrosian, toiles de Claude Lantier… Ces artistes fictifs aux oeuvres pourtant bien réelles n’existent donc pas vraiment, ils sont tous des inventions de Yoon Ja & Paul Devautour. De même que Maria Wutz, commissaire d’exposition de la collection Devautour, ou encore Pierre Ménard, critique d’art attitré des Devautour, et qui apparaît dans les Fictions de Borges comme l’auteur du Don Quichotte.

Artistes, commissaires, critiques, collectionneurs : les Devautour occupent ainsi tous les rôles possibles au sein du système de l’art. Car c’est bien d’un système qu’il s’agit, et non pas seulement d’une collection : “Surtout, il faut bien comprendre que notre travail n’a rien de parodique, que nous n’essayons pas de nous moquer de l’art contemporain et de son système. Cette collection n’est pas un trucage, une entourloupe, et encore moins une blague, et nous insistons pour dire que chacune de ces entreprises artistiques a son sens, son histoire, sa raison d’être. Nous voulons toujours attirer l’attention du spectateur sur les oeuvres, et le fait que ce soit nous qui les produisions n’a au fond que très peu d’importance. Seules les oeuvres sont importantes. Dans notre esprit, la collection n’est même pas une fiction : les artistes n’ont pas de visage, nous ne leur prêtons aucune fausse biographie, ce n’est pas une entreprise littéraire fictive. En tant qu’opérateurs en art, nous occupons toutes les fonctions et c’est cela qui nous intéresse, l’idée d’une pratique distribuée.”

Reproduisant une sorte de microsystème artistique, l’entreprise des Devautour accomplit un examen critique de l’art et de son fonctionnement ; c’est un laboratoire où s’expérimentent des formes, où s’échafaudent des propositions d’oeuvres, et où l’on tente de dire quelque chose de l’art d’aujourd’hui et de son système. Dans cette perspective, l’exposition présentée à la galerie Chantal Crousel est particulièrement éloquente. Conçue par Maria Wutz et intitulée “Eléments de conversation”, elle constate l’entrée en crise de l’idée même d’exposition : “Les artistes d’aujourd’hui ne font plus des oeuvres, mais conçoivent une expo. Elle dure trois semaines, il y a plus ou moins de monde le jour du vernissage, et presque plus personne après. En revanche, on en parle, on montre des images dans les journaux et les revues d’art du monde entier : car le média réel de l’art aujourd’hui, ce n’est plus l’exposition, mais la conversation, c’est tout ce qu’on en dit, sans forcément l’avoir vue.”

C’est donc ce transfert de l’art dans la conversation que semble enregistrer cette ultime exposition : site Internet, colloques “à propos de Nancy Crater”, dessins de Bernard Pivot par Serge Valène, Ascii Art du Dr Brady. On voit l’efficacité redoutable du système Devautour : en mettant en valeur au sein de sa propre collection une recherche autour de formes conversationnelles et d’un art en mode texte, Yoon Ja & Paul ouvrent des voies nouvelles, créent une tendance, agissent et orientent le paysage artistique contemporain dans sa totalité. La collection agit sur le système de l’art : “Ce n’est plus au niveau de l’artiste que ça se joue. D’où la volonté de réunir des oeuvres et de procéder à une pratique collective. De nos jours, l’artiste n’est peut-être pas le mieux placé pour faire de l’art.”

— Yoon Ja & Paul Devautour

Antje Seeger

There are very, very few African-American astrophysics PhDs. That’s for a reason. I was doing something people of my skin color were not supposed to do.

I was stopped and questioned seven times by University police on my way into the physics building,” he explained. “Seven times. Zero times was I stopped going into the gym — and I went to the gym a lot. That says all you need to know about how welcome I felt at Texas.

Neil DeGrasse Tyson, an anomaly in American science

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